Au naturel
Alimentation sans glucides : 3 mois sans sucre perte de poids
14 octobre 2026

Alimentation sans glucides : j’ai tenu trois mois sans sucre ajouté ni féculents, et j’ai perdu du poids, mais pas comme je l’imaginais. Les premiers kilos sont partis en dix jours, puis la balance s’est arrêtée presque net, et j’ai repris une partie de ce que j’avais perdu dans les mois qui ont suivi. Ce carnet raconte ce que j’ai vu, ce que j’ai compris après coup, et pourquoi j’ai fini par en parler à mon médecin.
Ce qui m’a fait changer d’habitude
J’ai commencé un peu par dépit, après une prise de poids lente que je n’arrivais pas à comprendre. Une amie m’a parlé d’une alimentation sans glucides, elle avait perdu quatre kilos en trois semaines, et j’ai voulu essayer. Plus de pain, plus de pâtes, plus de sucre dans le café, des œufs au petit déjeuner, des légumes à volonté.
Ce qui m’a surprise, c’est que je n’ai pas eu faim. Ce qui m’a déçue, c’est la suite : vers la troisième semaine, la balance a bougé de 300 g, puis plus rien. J’ai tenu jusqu’au troisième mois, et j’ai compris que ce n’était pas moi qui lâchais, c’était le mécanisme qui était plus compliqué que prévu.
Ce qui se joue au quotidien
La première chose à savoir, et personne ne me l’avait dite, c’est que les premiers kilos ne sont pas de la graisse. Dans une alimentation sans glucides comme dans tout régime restrictif, la perte de poids des premiers jours vient d’abord du glycogène, le stock de glucides du foie et des muscles, et de l’eau qui lui est liée, soit 9 g d’eau pour 1 g de glycogène, et ce n’est pas de la graisse (ANSES, 2025). J’ai perdu deux kilos sans perdre une once de gras.

| Ce que j’ai vu | Ce qui se passait vraiment |
|---|---|
| 2 kg en dix jours | Du glycogène et de l’eau, pas de la graisse (ANSES, 2025) |
| Plus faim l’après-midi | Un effet réel les premières semaines, pas durable |
| Balance figée à la semaine 3 | Le corps s’ajuste, la graisse ne part pas plus vite |
| Un ventre ballonné et fatigué | Des troubles digestifs fréquents sur ce type de régime |
| Les mêmes kilos repris plus tard | Le retour au poids de départ dans la majorité des cas |
Une alimentation sans glucides prive l’organisme d’une source d’énergie : les glucides sont indispensables à son bon fonctionnement et doivent être répartis tout au long de la journée (Assurance Maladie, 2022). Je l’ai senti pendant un footing, jambes flageolantes.
Il y a plus embêtant. L’Anses juge que le régime cétogène, une alimentation où l’on ne consomme parfois que 10 g de glucides quotidiens, n’est pas anodin et doit se faire sous contrôle médical très strict, avec suivi des corps cétoniques et évaluation d’une supplémentation en minéraux et vitamines (ANSES, 2019). Autrement dit, ce que je faisais en lisant des blogs était la version publique d’un protocole médical.
Les habitudes qui changent quelque chose
Si c’était à refaire, je garderais le geste et pas la restriction. Ce sont ces trois habitudes qui ont réellement changé mes journées, et que j’ai gardées après l’arrêt.
- Un vrai petit déjeuner protéiné, œufs ou fromage blanc, au lieu de tartines avalées debout. C’est ce qui m’a le plus aidée à tenir jusqu’au déjeuner.
- Des légumes à chaque repas, en volume, pas en décoration. Les fibres calent mieux que n’importe quelle promesse.
- Un verre d’eau avant chaque envie de sucre, et un vrai rendez-vous avec un fruit. L’envie passait souvent en dix minutes.
Ce qui m’a aidée aussi, c’est d’occuper mes mains et ma tête. Les soirs où l’envie de sucre arrivait, je faisais une pause avec une boule anti-stress entre deux dossiers, et le week-end, la cuisine redevenait un moment avec les enfants, y compris sur des activités salissantes comme fabriquer du slime.
Quand en parler à un professionnel de santé
C’est la partie que j’ai longtemps esquivée, et c’est la plus sérieuse. En l’absence d’excès de poids, les régimes amaigrissants sont des pratiques à risques selon l’Anses, et en cas de surpoids, la perte de poids demande un médecin nutritionniste ou un diététicien (ANSES, 2010). Je faisais partie des personnes qui se lancent seules, et c’était une erreur.
Le repère officiel va dans le même sens : une alimentation sans glucides sort des repères de l’Anses, qui fixe les glucides à 40 à 55 % de l’apport énergétique total des adultes en bonne santé (ANSES, 2019).
Il existe pourtant des cas où l’alimentation presque sans glucides est utilisée en médecine : le régime cétogène est employé contre l’épilepsie sévère résistante aux médicaments chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte, et dans certaines maladies héréditaires du métabolisme, son initiation se faisant généralement lors d’une hospitalisation (ANSES, 2019). Quand c’est utile, c’est encadré et suivi, jamais bricolé à la maison.
Et ce type d’alimentation est difficile à tenir sur le long terme, surtout chez l’adolescent et l’adulte, souvent à l’origine de troubles digestifs invalidants, diarrhée, constipation, vomissements ou douleurs abdominales, selon l’Anses (ANSES, 2019). En cas de doute, la bonne porte est celle du médecin, pas celle d’un fil de commentaires. Ta cuisine et ton rangement de placards peuvent aussi se repenser sans régime, comme dans ce carnet sur l’aménagement d’un petit appartement : réorganiser change parfois plus que se priver.
Ce que j’en retiens au quotidien
Trois mois plus tard, j’ai arrêté. Ce que je sais maintenant, c’est que la suppression d’au moins une catégorie d’aliments entraîne des déficits en minéraux, vitamines ou fibres, et que le poids revient dans 80 % des cas un an après et 95 % cinq ans après sur 15 régimes évalués par l’Anses (ANSES, 2025).
Il me reste une façon de manger plus calme : moins de sucre dans le café, des légumes à tous les repas, un dîner plus léger, et des repas à heures régulières. Le poids est redescendu un peu, lentement.
FAQ
Peut-on vivre sans glucides ? Non, pas durablement. Les glucides sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme et doivent être répartis sur la journée (Assurance Maladie, 2022). On peut réduire le sucre ajouté et les produits transformés, pas supprimer la famille entière.
Pourquoi perd-on du poids si vite les premiers jours ? Parce que le corps vide ses réserves de glycogène, le stock de glucides du foie et des muscles, et l’eau qui y est liée, à raison de 9 g d’eau par gramme de glycogène (ANSES, 2025). Cette perte rapide n’est pas de la graisse.
Une alimentation sans glucides est-elle dangereuse ? Hors suivi médical, c’est une pratique à risques : l’Anses recommande de consulter avant de choisir un régime restrictif, et juge le régime cétogène non anodin, avec suivi des corps cétoniques et éventuelle supplémentation (ANSES, 2019). Sans excès de poids, il n’y a rien à y gagner.
Combien de temps tiennent la plupart des régimes ? Peu : sur 15 régimes évalués, le poids est repris dans 80 % des cas un an après et 95 % cinq ans après (ANSES, 2025). Ce constat ne vient pas d’un échec personnel mais du mécanisme des régimes restrictifs.
Tu sais maintenant ce qui se cache derrière trois mois sans glucides : une perte d’eau et de glycogène au départ, des troubles digestifs fréquents, un cadre médical obligatoire pour les protocoles sérieux, et un retour au poids de départ bien plus souvent qu’un résultat durable. Le prochain pas ne demande pas de liste d’interdits : note ce que tu manges pendant trois jours, sans rien changer, et porte la feuille chez ton médecin ou un diététicien. C’est la seule version de ce carnet qui m’aurait fait gagner du temps.


