Au naturel
Dormir en cuillere, en pratique
14 août 2026

Dormir en cuillere. J’ai mis trente-cinq ans avant de comprendre que ma façon de dormir n’était pas un défaut, mais une ressource à écouter. On m’avait toujours dit qu’il fallait dormir sur le dos, immobile, comme un pharaon sage. Moi, je me réveillais en boule, les genoux repliés, un coussin serré contre la poitrine. Et si le vrai problème n’était pas la position, mais la culpabilité qu’on m’avait mise autour ?
Ce qui m’a fait changer d’habitude
Il y a eu cette nuit d’hiver où tout a basculé. J’étais seule à la maison, mon compagnon en déplacement, et le lit me semblait immense et froid. Sans réfléchir, j’ai attrapé un traversin oublié au fond de l’armoire, je l’ai calé contre mon dos, et je me suis enroulée autour d’un oreiller moelleux. Ce matin-là, je me suis réveillée reposée, la nuque détendue, sans ce pincement entre les omoplates qui me suivait au petit-déjeuner.
Ce qui m’a frappée, c’est que je n’avais rien inventé. Juste écouté. Mon corps savait exactement de quoi il avait besoin, et je l’ignorais depuis des années parce que j’avais intégré une règle qui n’était pas la mienne. Depuis, je ne me suis plus jamais excusée de dormir en cuillere.
Ce qui se joue au quotidien
Le soir, quand tout le monde est couché et que le calendrier scolaire 2021 est enfin refermé, c’est là que tout se joue. On se glisse sous la couette, et au lieu de s’abandonner, on négocie : l’oreiller, la couverture, le bras qui s’engourdit, le chat qui squatte le milieu du matelas.
Ce qui se joue, c’est une histoire de lâcher-prise. Accepter de ne pas contrôler la nuit, de ne pas chercher la posture académique, de faire confiance à son corps. Pendant des années, je me retournais consciencieusement sur le dos, je comptais les heures. Mon corps revenait toujours à sa cuillère.
Et puis il y a l’autre cuillère, celle qu’on fait à deux, le souffle calé sur une nuque, les genoux emboîtés. Moi je l’aime, cette cuillère. Pas toute la nuit. Juste les premières minutes, le temps que le sommeil arrive. C’est comme une carte bonne annee 2023 qu’on s’envoie sans raison : un petit « je suis là, dors bien », avant de rouler chacun de son côté.
Les habitudes qui changent quelque chose
Je ne vais pas te dire que j’ai trouvé la formule magique. J’ai tâtonné. Voici ce qui a tenu.
| Ce que j’ai essayé | Pourquoi ça m’aide | Ce que j’en retire au réveil |
|---|---|---|
| Un traversin calé dans le dos | Il soutient le bas du dos quand je dors en cuillere seule | Moins de tensions au réveil |
| Un oreiller entre les genoux | Il aligne le bassin et évite la torsion de la colonne | Fini la hanche douloureuse du matin |
| Cinq minutes en cuillere à deux puis chacun son espace | On garde le lien sans sacrifier le sommeil profond | Une intimité quotidienne sans fatigue |
| Une couverture lestée les soirs d’agitation | Le poids rassure, comme un cocon | Un endormissement plus rapide |
L’oreiller entre les genoux, je l’ai longtemps snobé, trop médical à mon goût. Jusqu’à ce que mon ostéopathe me le suggère pour mes douleurs de hanche. Le lendemain matin, j’avais oublié ce que c’était que de boiter jusqu’à la salle de bains. Ce qui fait du bien n’a pas besoin d’être glamour.
La couverture lestée, je l’ai découverte chez une amie qui en utilisait une pour son enfant agité. Je me suis dit : pourquoi pas moi ? Ce poids doux sur le corps quand je suis en cuillere, c’est comme une enveloppe qui murmure « tu peux rester là ». Les soirs de stress, c’est ce qui m’apaise le plus.
Quand en parler à un professionnel de santé
Dormir en cuillere ne remplace pas un suivi quand le sommeil est durablement perturbé. Si tu te réveilles épuisée chaque matin malgré des nuits complètes, si les douleurs persistent quelle que soit ta position, ou si l’on t’a déjà parlé de pauses respiratoires la nuit, il est utile de consulter.
Un médecin généraliste peut faire un premier point et t’orienter. Un kinésithérapeute regardera ce qui se passe au niveau postural. Un spécialiste du sommeil proposera, si les troubles s’installent, des examens plus poussés. Ce n’est pas un échec, c’est une démarche d’écoute de soi.
La position en cuillere peut soulager certaines tensions, mais elle n’est pas une solution universelle. Ce qui m’a fait du bien ne fera pas forcément du bien à tout le monde. Trop souvent, on se dit que « c’est normal de mal dormir ». Ce n’est pas normal. Et un professionnel est là pour écouter, évaluer, orienter, pas pour juger qu’on dort en boule avec un traversin.
Un bon sommeil, c’est aussi ce qui permet d’être présente pour les siens, que ce soit pour organiser une fete des peres 2025 mémorable ou simplement pour avoir la patience d’écouter une journée d’école jusqu’au bout.
Ce que j’en retiens au quotidien
Dormir en cuillere, ce n’est pas une technique. C’est une autorisation. Celle de se faire confiance. Mon corps sait mieux que tous les manuels comment trouver le sommeil. Mon travail, ce n’est pas de le contrôler, c’est de lui donner les conditions pour le faire.
J’ai arrêté de compter mes heures de sommeil et de me reprocher mes nuits agitées. Je me suis offert un traversin, un oreiller entre les genoux, et le droit de m’enrouler comme un chat quand l’envie m’en prend. Parfois je dors sur le dos, parfois en cuillere. Et c’est très bien comme ça.
La position parfaite n’existe pas, il n’y a que celle qui te convient, cette nuit-là, dans ce corps-là. Alors si tu te réveilles en cuillere chaque matin, arrête de culpabiliser. Ton corps a probablement de bonnes raisons. Écoute-le.
FAQ
Pourquoi je dors toujours en cuillere alors que je m’endors sur le dos ?
C’est fréquent, et c’est rassurant. Pendant la nuit, ton corps cherche la position qui détend le mieux ta colonne et tes muscles. La cuillere, sur le côté, réduit la pression sur le dos et facilite la digestion. Ton inconscient choisit pour toi la posture la plus confortable. Ne lutte pas contre lui.
Dormir en cuillere avec mon conjoint me réveille la nuit, que faire ?
La cuillère amoureuse est délicieuse en début de nuit, mais elle a ses limites : chaleur, bras engourdi, mouvements de l’autre. La solution n’est pas de supprimer le câlin, mais de le séquencer. Quelques minutes en cuillere pour se dire bonsoir, puis rouler chacun vers son espace. Vous gardez la tendresse sans hypothéquer la nuit.
Est-ce que dormir en cuillere est mauvais pour le dos ?
Pas si la posture est bien accompagnée. Le piège, c’est la torsion : épaules à plat, hanches qui basculent, et la colonne qui souffre. Un oreiller entre les genoux et un traversin dans le dos aident à rester aligné. Si les douleurs persistent, demande l’avis d’un kinésithérapeute : chacun a sa morphologie.
Mon enfant ne dort qu’en cuillere avec un doudou, dois-je m’inquiéter ?
Non, c’est plutôt bon signe. L’enfant qui s’enroule autour d’un doudou reproduit un besoin d’enveloppement et de sécurité déjà présent avant la naissance. Cette posture est apaisante. Tant qu’il dort bien et se réveille reposé, sans douleur, il n’y a pas de raison de s’alarmer. Parle à ton pédiatre si tu doutes.
Je ne te dirai pas « il faut dormir comme ceci ». Je te dirai juste : écoute tes nuits. Elles ont des choses à te raconter. Si ton corps se love en cuillere, ne le contrarie pas, accompagne-le. Offre-lui un oreiller, une couverture, une autorisation silencieuse. Le sommeil n’est pas une bataille à gagner. C’est un refuge à retrouver, une nuit après l’autre.


